...........La Chronique...........
par G. Vandemergel, Directeur technique du Dento-Budo-Ryu

 


 

> La première Chronique
> Apprendre en prenant le temps de tout apprendre
> La reprise septembre 2002
> A la recherche de la tradition (août 2003)




Depuis 1963, année où j'ai commencé la pratique du Budo - d'abord par le judo et ju jitsu durant 6 ans ensuite vinrent les autres disciplines : karate, ko-budo, goshin-jitsu, tai-do...- j'ai pu constater pas mal d'inepties de la part des moniteurs, voire de certains prétendus experts et surtout de la plupart des élèves qui suivent aveuglément et avalent tout ce qu'on leur dit.

Que de cours et stages mal donnés, un peu à la para-commando, en dépit du bon sens et surtout de la santé physique du pratiquant, et ce parce que le sensei du jour voulait en imposer.

J'ai moi-même suivi et avalé ces idioties afin de pouvoir décrocher la ceinture noire tant convoitée. Je n'avais pas vraiment le choix et c'est maintenant que j'en mesure les conséquences sur mes articulations. Combien d'amis d'entraînement de l'époque sommes-nous encore à pratiquer maintenant ?

Heureusement, j'ai fait mon examen de conscience quand j'ai ouvert mon premier club, et on peut dire maintenant avec le recul que le virage à 180° que l'on prit avec mes quelques élèves de l'époque ne fût pas facile. Nous étions montré du doigt, que de difficultés pour faire notre budo, à notre rythme, sans vouloir brûler les étapes et vouloir à tout prix être parfait à l'examen de 1er dan comme exigé dans toute les fédérations. Pourtant le budo n'est-il pas l'affaire de toute une vie ? Le 1er dan n'est-il pas la première marche d'un long escalier à gravir lentement et tranquillement? Combien de budoka n'ont-il pas arrêté de pratiquer la trentaine venue parce-qu'ils n'étaient plus compétitifs. Combien d'autres prendront-ils la même décision ? Incrédules et n'ayant toujours rien compris. Combien d'autres n'auront même pas été jusque la ceinture noire et sont irrémédiablement perdus pour le budo?


En 25 ans de pratique, nous avons dû changer 3 fois de Fédération, croyant à chaque changement en la parole des dirigeants qui promettaient de nous laisser vivre notre idée du budo en toute sérénité. Combien de fois n'a-t-on pas fait pression sur nous pour nous obliger à participer aux compétitions, allant jusqu'à refuser des grades Dan à mes élèves?

Heureusement dans ce que je croyais être mon isolement, j'ai pu dans les moments de doute avoir le moral regonflé par certains Maîtres rencontrés ici et là lors de stages, par les écrits de monsieur Habersetzer. N'allez-pas croire que je veuille régler des comptes avec mes anciennes fédérations, j'ai bien d'autres choses à faire, et de toute façon ils sont intimement persuadésqu'ils détiennent la vérité!

Voilà quelques-unes des raisons qui nous ont poussé, avec quelques élèves qui pratiquent avec moi depuis déjà fort longtemps, à créer le Dento-Budo-Ryu. C'est un peu notre sanctuaire. Nous sommes certains que plus aucune pression ne sera faite sur nous.
Peu importe que nous ne soyons qu'une vingtaine à nous être isolé volontairement, et si on me demande, comme bien souvent , " qui reconnaît nos grades " je répondrai tout simplement le Dento-Budo-Ryu et que les grades et Dan ne sont, bien entendu, que des distinctions. Les titulaires peuvent se prévaloir de ces grades sans aucun complexe car ce n'est pas le fait qu'ils soient reconnus par tel ou tel groupe qui en fait l'authenticité, mais la valeur des personnes auxquelles ils ont été décernés...

 

 

 

APPRENDRE EN PRENANT LE TEMPS DE TOUT APPRENDRE

 

Il m’est arrivé de rencontrer ici et là de jeunes moniteurs qui, à tout prix, voulaient créer leurs propres techniques, kata, sans avoir maîtrisé tous les fondements de leur style. D’autres changent de style constamment à la recherche de l’on ne sait quoi.
Que doit-on penser de cela ?

Il est intéressant de noter qu’en Japonais apprendre (manabu) dérive du mot imiter (manebu). C’est en imitant le professeur que l’on peut maîtriser l’ensemble des techniques. Après en avoir maîtrisé les fondements, les techniques se combinent en un Art.

Ces étapes franchies, il est licite de créer sa propre approche individuelle, mais ceci n’est possible qu’après un très long processus de répétition et de persévérance !

Quand je me retourne sur mes années de pratique, je me demande comment certains peuvent en arriver là.... Pour nous, au C.A.M.Q, cela fait plus de25 ans que nous avons opté pour le karate martial et nous y sommes toujours aussi attachés, peut-être plus encore maintenant car avec le temps on peut se rendre compte que l’on ne s’était pas trompé. Mais puisqu’il nous faut 100 fois sur le métier remettre notre ouvrage nous continuons à travailler, chercher, étudier et surtout à ne jamais être satisfait du travail accompli.

 

A méditer

L’homme de demain dépend de ce qu’il est aujourd’hui..
La vie dessine son déroulement sur la toile appelée "temps" et le temps ne se répète jamais; une fois parti, il est parti pour toujours
Il en est de même d’un acte
Une fois fait, il n’est jamais défait


Rentrée 2002

Que ce soit la première ou la nième fois, la rentrée des cours dans un dojo est toujours un passage que nouveaux et anciens doivent aborder avec l'esprit neutre, débarrassé de tous préjugés.

Les pratiquants de longue date retournent dans leur dojo suite à un choix mûrement réfléchi.

Les nouveaux doivent bien se renseigner, faire le tour des dojo de leur région et peut-être trouveront-ils ce qu'ils cherchent, que ce soit un Karate-do ou encore un Karate sportif. Ils doivent savoir que la pratique sportive ne dure pas, à l'opposé du Karate-Do qui peut être pratiqué jusqu'à un âge fort avancé.

Il serait peut être temps de différencier les clubs axés sur la compétition et les clubs qui refusent l'idée de combat en compétition sportive arbitrée. Obnubilés par les compétitions, leurs adeptes finissent par ne plus pratiquer que les techniques autorisées par l'arbitrage. Ils négligent de ce fait les autres techniques, souvent écartées parce que trop dangereuses et donc a priori trop efficaces... Cette méthode, excellente en soi, n'a malheureusement fabriqué que des sportifs et non des budoka.

La majorité des nouveaux pratiquants sont attirés par le côté sportif, spectaculaire et surtout par une fausse idée de l'autodéfense. Combien de temps ces sportifs (et non budoka) pratiqueront- ils ? A la première déconvenue, ils arrêteront probablement et seront irrémédiablement perdus pour le Karate. Ne dit- on pas qu'un combat évité est un combat gagné ? Peut-être que ces deux façons de pratiquer sont tout simplement sur des voies parallèles et ne peuvent ou ne doivent pas se rencontrer dans le même dojo.

Cette analyse fera sourire certains et sursauter ceux qui pratiquent une forme sportive car ceux-ci sont persuadés de pratiquer un Karate-Do.
En ce qui nous concerne, nous avons fait le choix du Karaté-Do depuis plus de 25 ans.


 

A la recherche de la tradition (août 2003)

 

Avec quelques passionnés, nous avons créé le DENTO-BUDO-RYU en 1996. Organisme destiné à propager les arts martiaux traditionnels, l'association est maintenant bien en place et grâce à Didier qui se charge de notre site Internet nous avons pu faire découvrir l'existence, les particularités et les valeurs des disciplines que nous y enseignons. Tous ensemble, nous désirons démontrer ce qu'est le vrai Budo. La maîtrise d'un art martial est un travail long et difficile, et pour devenir un expert il faut s'entraîner sans relâche et être présent à tous les entraînements. Un projet qui était en gestation depuis fort longtemps vient d'être réalisé cette année ; un petit groupe de pratiquants de longue date en wado-ryu karate-do se réunit régulièrement pour faire des recherches sur les techniques et katas à partir de documents filmés tel que le Fondateur de notre école les divulguait. Nous avons, durant cette année, amélioré notre façon de travailler, nous cherchons tout simplement à nous rapprocher de l'authenticité, loin des dérives de la voie sportive observées depuis quelques temps que certains pour ne pas dire la majorité des clubs empruntent. Il est évident que nous n'avons pas la prétention de dire que nous sommes les dépositaires d'un patrimoine technique et culturel du wado-ryu. Nous avons fait un tout petit pas dans cette direction. Ce que nous pouvons toutefois revendiquer c'est la fidélité au style puisque nous l'enseignons au Centre d'Arts Martiaux depuis 1975. Mon vœux en ce début de nouvelle saison est que nous puissions faire la même chose pour l'Okinawa Ko-Budo.